Le regard de Ljiljana sur la Journée de la Fraternité au Buis

Ljiljana était l’une de nos interprètes pour la journée de la Fraternité le 31 janvier 2016, à Eygalayes et au Buis. Un grand merci à elle d’avoir été, avec Bernard et Kaleen, un précieux lien de communication entre les Irakiens et Soudanais accueillis et les accueillants.

Elle nous a fait parvenir son ressenti d’observatrice soucieuse de comprendre et d’apporter son aide pour améliorer le quotidien et le bien-être de ces personnes brutalement arrachées à leur ancienne vie et à leur culture.

Josette, traduite par son amie interprète, souhaite la bienvenue à ses hôtes

Josette, traduite par son amie interprète Ljiljana, souhaite la bienvenue à ses hôtes

Bonjour, c’est Ljiljana de Plaisians qui parle

Voici mon témoignage, en tant que celle qui fait le lien par la langue arabe.

Mes observations, sentiments, bribes de conversations (J’ai surtout été en contact avec les Soudanais, au partage de repas à Eygalayes jusqu’à la Fête de la Solidarité de Buis-les-Baronnies).

Cette journée m’a revigorée, je me suis sentie utile et à ma place.

La fête fut belle, les photos en témoignent, merci à Annie !

J’ai traduit aux Soudanais les conclusions des comités de soutien : l’indignation, en tant que citoyens de se  voir dépossédés par l’Etat du droit d’accueillir l’autre et la détermination de tous à continuer. Je crois que cela leur a fait du bien.

Je n’oublie pas le visage radieux de l’un des jeunes témoignant  combien une escapade dans la nature (pour cueillir du thym ?) lui a fait du bien.

Et le bonheur de tous de recevoir en cadeau du gingembre (sec et frais) … indispensable pour le café … à la soudanaise ! Penser à leur offrir une râpe pour le gingembre.

L’un d’entre eux est libraire. Je lui ai alors demandé s’il n’avait pas besoin de lire. Oui, oui, oui ! … en langue arabe. Je leur ai fait cadeau d’un exemplaire de Coran que j’avais chez moi (il était bienvenu !) et d’un livre pour enfants. Je m’engage à en chercher d’autres. Kaleen Guy-Para sollicitera  son entourage également pour des livres en langue arabe.

Kaleen a entendu, pendant la promenade dans le Buis,  le besoin urgent de plusieurs Soudanais de pouvoir communiquer avec leurs familles. Est-il possible de trouver des ordinateurs, d’installer Skype et Internet…. ?

Elle évoque aussi les difficultés rencontrées par les Soudanais dans l’apprentissage du français (les méthodes sont très inadaptées), les Soudanais eux-mêmes sont peu anglophones… 

J’ai cherché pendant la fête à amener les Maghrébins de Buis en tant que accueillants, vers les Soudanais. Parmi cinq femmes approchées et deux hommes, seules deux femmes ont accepté d’aller les saluer et leur parler.

…Timidité, oui. Crainte de ne pas se faire comprendre avec leur dialecte maghrébin ? Oui. Mais leur solidarité en tant qu’arabo-musulmans et leur devoir d’hospitalité ? Je ne comprends pas… Peut être ne se sentent-ils pas assez chez eux pour « accueillir » l’autre, ou peut-être existe-t-il une barrière sociale, ou culturelle, ou peut-être veulent ils marquer une différenciation, un niveau d’intégration ?

Il y avait peu de jeunes à la fête. C’est le constat d’une jeune amie de 27 ans. Et vous, qu’avez vous constaté ?

Danser : j’ai encouragé les uns et les autres à entrer dans la ronde de la danse. Réticences, timidité, « je ne sais pas danser », « je n’ai pas envie de danser ».

Chez les gens du Sud (je le sais du Proche-Orient) on est invité à faire « l’effort » d’aller vers l’autre en lui offrant une danse : c’est partager ensemble le mouvement de la vie.

Les jeunes Soudanais ont fait eux-mêmes cet effort. Il n’est pas plus facile pour un Soudanais de dépasser sa pudeur quand il se trouve face à une femme blanche de l’âge de sa mère qui remue en face de lui ses hanches (sans jugement de ma part bien sûr). Mais il fait l’effort de partage. Seulement deux parmi les seize Soudanais sont resté assis dans un coin. D’autres ont dansé à cœur joie, tel Hani, le plus laïque et le plus expérimenté parmi eux.

« Vu comme ça, la prochaine fois je trouverai le courage de danser » m’a dit une jeune amie.

Quand aux petites impatiences/incompréhensions que j’ai ressenties en face des  « Soudanais immobiles qui se laissent servir » je mets en partage ceci :

Dans la culture d’Islam, le devoir d’accueil étant sacré, l’invité se doit de respecter ceci et laisser le maître/maîtresse de maison le servir. Par politesse sociale, l’invité ne se permet pas de prendre des initiatives dans la maison de son hôte. De la même manière il ne nous permettra pas de bouger un petit doigt si nous sommes invités chez lui.

Par ailleurs, dans mon expérience, j’ai pu constater combien les jeunes sont respectueux des plus âgés, notamment chez les Africains. Aussi, si je souhaite une participation de sa part, il me suffit d’aller, en tant que femme plus âgée, vers un jeune homme et lui dire : « Mon fils, mon garçon, viens m’aider »… et  lui montrer la tâche. Un homme dirait: « Mon frère, j’ai besoin de toi »…Il serait alors ravi de participer et recevrait la demande d’aide comme un cadeau.

Remarque : J’ai entendu qu’ils ont 4 € par jour pour les repas.

J’arrive à faire des repas entièrement biologiques (et végétariens) pour 6€/jour, entre approvisionnement en gros (Relais Vert) et local.

Si besoin est, je peux me rendre utile dans le domaine de l’alimentation : faire le diagnostic de leur besoins (culturels surtout), afin d’accorder le plaisir de manger (un besoin affectif important!), la santé et le coût.

Ljiljana

rada2@wanadoo.fr

Quand les Irakiens , Soudanais et Français dansent ensemble...

Quand les Irakiens , Soudanais et Français dansent ensemble…

Et vous qui étiez peut-être à cette fête, comment l’avez-vous ressentie? Vos commentaires sont les bienvenus sur le blog! Sous le titre de l’article cliquer sur « Laisser une réponse ». Merci de vos exprimer!

Contact courriel
copar26560@gmail.com
Information tél. Josette Fournié tél 06 41 89 19 83
André et Annie Molinet tél 04 75 28 51 77

Adresse du Blog
https://sederonhautesbaronnies.wordpress.com

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